Séparer les chevaux par sexe affecte-t-il la fréquence des interactions par rapport à des groupes mixtes ?

banniere Jorgenson 2009

Résumé

Y a-t-il plus de risques d’agressions et de blessures quand des juments et des hongres vivent ensemble ? Est-ce que les groupes de hongres jouent davantage?

Ces questions sont importantes lors de la création de groupes de chevaux pour assurer leur sécurité mais aussi leur bien-être. Cette étude de chercheurs danois et norvégiens quantifie les différentes interactions (jeux, agressions, blessures,…) entre chevaux vivant en groupes de juments, en groupes de hongres, ou en groupes mixtes de juments et hongres.

Protocole

Les chercheurs ont réparti 66 chevaux issus de 4 fermes norvégiennes et danoises en 6 lots. Chaque lot comprend 3 groupes : un groupe composé uniquement de juments, un groupe de hongres, et un groupe mixte. Les chevaux de chaque groupe vivent ensemble dans un pré ou paddock avec du fourrage et de l’eau à volonté.

Quatre à six semaines après la création des groupes, un observateur a suivi chaque groupe sur une durée totale de 6 heures, réparties sur 3 jours. Dans chaque groupe, il a noté toutes les interactions sociales pour 3 à 4 chevaux choisis comme références. La distance entre chaque cheval de référence et son plus proche voisin a aussi été mesurée toutes les 10 minutes. Enfin, les blessures ont été notées selon leur degré de gravité.

Résultats

 

Figure interaction Jørgensen 2009

• Aucun effet significatif de la composition des groupes n’a été observé sur le nombre d’interactions sociales, qu’elles soient amicales ou agressives, ni sur la distance entre les chevaux.

• La majorité des comportements agressifs sont des menaces sans contact. Les blessures sont très rares et de faible gravité.

• Seule différence observée : les groupes composés uniquement de juments jouent moins que ceux de hongres et que les groupes mixtes.

Discussion

Dans le résumé en anglais de l’article, les auteurs rapportent un effet de l’espace disponible par cheval sur la fréquence d’interactions agressives. Il est surprenant de ne trouver aucune trace des résultats correspondants dans le corps de l’article.

Le nombre total d’interactions observées est finalement assez faible (de l’ordre d’une vingtaine). Une observation plus longue relevant plus d’interactions pourrait préciser certains effets, notamment sur la fréquence de jeu.

Cette étude est cohérente avec des études précédentes sur des questions similaires. Elle porte de plus sur plusieurs lots de chevaux, ce qui permet une étude statistique des résultats et rend donc les conclusions de ce travail solides.

Comme souvent avec les études scientifiques, ces conclusions ouvrent d’autres questions. Est-ce les hongres qui jouent plus que les juments dans les groupes mixtes ? Pourquoi est-ce que les hongres jouent plus ? Il faudra d’autres études pour pouvoir y répondre.


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Références
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[Résumé] Interactions sociales et composition des groupes de chevaux – Jørgensen 2009
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